Pic de production de pétrole vers 2012

Envoyer Imprimer

Dpetroleébut 2010, l’Energy Information Administration (EIA), dépendant du ministère américain de l’énergie, a publié un rapport sur les statistiques de production 2009 de pétrole et les perspectives pour les 2 décennies à venir.

Le fait marquant est que ce rapport confirme l’imminence (aux alentours de 2012) du pic de production des liquides conventionnels, c'est-à-dire le pétrole qui est le plus facilement accessible et exploitable ou, en d’autres termes, le moins cher à extraire et en quantité suffisante pour répondre jusqu’à présent à la demande toujours croissante. Cette analyse rejoint celle publiée par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) en 2008 ainsi que les nombreux rapports indépendants mettant en garde depuis de nombreuses années sur la proximité du pic de production pétrolière.

Cet « événement », si lourd de conséquences économiques, politiques et environnementales, préoccupent de plus en plus d’organisations. Ainsi, l’armée américaine, considérée dans son ensemble comme le plus gros consommateur mondial de pétrole, a récemment évoqué cette question dans son rapport Joint Operating Environment 2010 (JOE 2010) au chapitre Energy. Ainsi, ce rapport évoque « la disparition des réserves excédentaires » en 2012 mais surtout un déficit considérable de 10 millions de barils par jour dès 2015 (sur un total de 85 millions de barils / jour aujourd’hui).

Plus que les chiffres bruts, toujours difficiles à appréhender, ce qui frappe est avant tout le délai extrêmement court pour ces prévisions. Outre les conséquences géopolitiques (instabilités régionales, conflits éventuels, etc.) et environnementales (augmentation de la production de pétroles non conventionnels, augmentation de la consommation de charbon, etc.), les conséquences économiques risquent d’être très lourdes en terme d’approvisionnement énergétique si cette situation se vérifie.

Ainsi, et ce quelle que soit leur taille, les entreprises doivent s’interroger sur la pertinence de leur modèle économique ou de leur processus industriel au vu des nouveaux risques qui sont en train d’émerger, à très brève échéance. Le plus visible sera une remontée importante et pérenne des cours de l’énergie, avec toutes les conséquences en cascade que cela implique pour les entreprises (transport, matières premières, fonctionnement du produit, etc.), et qui pourrait être suivie par un problème d’approvisionnement et de disponibilité de la ressource elle-même, au-delà du prix auquel elle pourrait être acquise.

Le revirement récent de l’AIE et l’EIA sur le pic pétrolier nous indique que cette question commence à être réellement prise au sérieux par les plus hautes instances. Mais l’élément déterminant va être le temps dont on dispose pour identifier et anticiper les conséquences probables de cet événement majeur certes au niveau sociétal mais également au sein de chaque organisation.

Commentaires
Nom :
Email :
 
Titre :